• Le travail à distance boosté par la crise du coronavirus

    Une personne travaillant chez elle
    #Business #Digital et innovation
    Publié le 05/05/20

    Le développement exponentiel du travail à distance à travers le monde figure parmi les nombreuses conséquences du coronavirus. Il concerne aujourd’hui des dizaines de millions de salariés confinés, que ce soit en Europe, aux États-Unis ou en Asie. Selon une étude internationale menée en avril 2020 par Harris Interactive*, 42 % des salariés travaillent désormais à distance et parmi ces derniers 75 % l’expérimentent pour la première fois.

    Le travail à distance constitue donc une grande nouveauté pour un très grand nombre de salariés aujourd'hui. La crise majeure et inédite que nous vivons actuellement en a fait un phénomène de masse. Au-delà de la sécurité sanitaire, il offre de véritables atouts et pourrait engendrer un changement, non pas occasionnel, mais structurel dans nos façons de travailler à l'avenir.

    Nadine Ligavant, responsable engagement et qualité de vie au travail, et Gilles Merret, directeur des services partagés RH chez Natixis, nous livrent leur témoignage sur cette nouvelle façon de travailler.

     

    La crise actuelle du coronavirus impose aux entreprises de revoir leur organisation en recourant massivement au travail à distance. Étiez-vous bien préparés à cette situation inédite ?

    Nadine Ligavant : Face au coronavirus, Natixis a généralisé, en très peu de temps, le travail à distance pour l'ensemble de ses collaborateurs. Nous étions relativement bien préparés avec près de 6 000 collaborateurs en France déjà télétravailleurs avant la crise actuelle. Nous avons commencé à expérimenter le télétravail dès 2014 et signé notre premier accord en 2015. Ces années de pratique et de test & learn nous ont permis d'avoir un dispositif efficace et rodé, particulièrement bien adapté à un plan de continuité de l'activité, sans compter la décision il y a trois ans d'équiper la plupart de nos collaborateurs (y compris non-télétravailleurs) d'un laptop, permettant de travailler de manière nomade et sécurisée.

    Gilles Merret : Près de 90 % des collaborateurs de Natixis travaillent désormais depuis leur domicile, soit un doublement de notre capacité de travail à distance depuis le début de la crise. En peu de temps, nous avons fourni 1 100 ordinateurs portables aux collaborateurs qui n'en disposaient pas.

     

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    Quels sont les avantages du travail à distance pour les collaborateurs et leurs managers ?

    N. L. : Dans la situation actuelle, le travail à distance a pour principal atout de protéger les salariés des risques sanitaires. Plus généralement, au quotidien ─ et nous parlons alors de télétravail, il permet aux salariés de gagner en qualité de vie et en bien-être. Cela leur offre une respiration dans la semaine ; ils organisent mieux leur temps et leurs tâches sur des temps plus longs. D'après les enquêtes internes que nous réalisons régulièrement, une très grande majorité des collaborateurs estiment être plus concentrés quand ils travaillent chez eux et se sentent plus performants.

    G. M. : Grâce au travail à distance, l'entreprise reste agile, poursuit son activité et maintient ainsi la même qualité de service aux clients. Il renforce l'engagement des collaborateurs et la cohésion d'équipe et contribue aussi à la responsabilité collective, c'est un système vertueux. Du côté des managers, cela les oblige à mieux anticiper les sujets et à préciser leurs attentes en termes d'objectifs.

     

    Les événements actuels vont probablement pousser les entreprises à revoir, si ce n'est à améliorer, leurs façons de travailler. Quels sont les freins à lever pour rendre le travail à distance encore plus performant à l'avenir ?

    G. M. : La crainte principale concerne la perte de lien social – particulièrement dans le contexte actuel de confinement. D'après l'enquête Harris Interactive*, un tiers des salariés en situation de travail à distance ont moins le sentiment d'appartenir à un collectif de travail et se sentent isolés. Mais notre expérience montre que lorsqu'ils reviennent dans les locaux, les collaborateurs sont encore plus motivés et plus impliqués. Leur sentiment d'appartenance à l'entreprise s'en trouve renforcé. L'enjeu dans les semaines à venir sera donc de préserver la cohésion, en gardant une dimension humaine dans les échanges.

    N. L. : Ce passage à marche forcée au 100 % home office ne se fait pas sans difficultés, et même les organisations les plus avancées sur la mise en place du télétravail font face à des problèmes techniques. Certains collaborateurs peuvent rencontrer des difficultés, notamment pour se connecter aux serveurs, mais c'est assez marginal. Nous progressons sans cesse sur ce point, avec des infrastructures de plus en plus performantes et des outils simples d'utilisation. Les événements actuels nous permettent de revoir nos manières de travailler, à la fois dans l'utilisation de nos outils digitaux mais également dans nos rituels et ce qui paraissait impossible hier est rendu indispensable par la force des choses : je pense et j'espère qu'il en sortira quelque chose de positif et durable.

     

    * Étude « Workplace 2020 : Les nouvelles formes de travail à l'heure du confinement » réalisée par Harris Interactive auprès de 50 000 salariés dans sept pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne, États-Unis, Australie).

     

    Travail à distance / télétravail : quelles sont les différences ?

    On parle de travail à distance ou de télétravail sans toujours bien les différencier. Il existe pourtant une distinction entre ces deux termes. En effet, le télétravail est l'une des formes du travail à distance. Il est basé sur l'accord entre un collaborateur et son employeur et établi sur la base du volontariat.

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